Marie-Hortense, fondatrice de Bastille Parfums

Suivre son instinct. Un conseil donné à beaucoup de gens qui se cherchent, se questionnent, ne savent pas encore quelle voie emprunter. Des yeux grands ouverts mais surtout des narines non polluées par des senteurs artificielles sont alors nécessaires pour flairer l’essentiel. Saviez-vous que le parfum est encore considéré comme un secret commercial, si bien que la transparence dans ce secteur est une hérésie ? Une jeune femme a voulu couper la tête à ce principe injustifié. Portrait de Marie-Hortense, fondatrice de la jeune maison de parfums Bastille.

 

 

Élevée dans une famille de vignerons en Champagne, Marie-Hortense éduque très tôt son odorat grâce aux odeurs qui l’entourent. Mais pour l’heure, elle est tout ouïe et n’a d’yeux que pour ses études. Fraîchement diplômée de Sciences po Paris, la jeune femme devient investisseur en capital risque.

Est-ce l’optimisme ravageur d’entrepreneurs irrésistiblement audacieux, toujours est-il que son envie d’entreprendre revient doucement dans son giron, finissant par embaumer son bureau d’une odeur enivrante… Derrière le stoïcisme de façade imposé par sa fonction, Marie-Hortense aurait envie de leur dire qu’elle partage avec eux bien plus que des mots d’argot. Tout comme eux, l’audace coule dans ses veines. Entre deux prises de participation, elle repense à ce grand-père entrepreneur dans l’âme et propriétaire de sa propre maison de champagne, le premier à démocratiser ce vin blanc pétillant en le faisant entrer dans les grandes surfaces, devant des regards sceptiques et moqueurs de confrères. Un flair certain doublé d’un joli pied de nez quand on connaît la suite de l’histoire…

 

L’appel de la nature se fait ressentir. A l’image de sa mère, la jeune femme a embrassé la philosophie du « moins mais mieux » avant qu’elle ne commence à se répandre telle une trainée de poudre. Si cette tendance a aspergé l’alimentation et tente des incursions dans le domaine du soin et du maquillage, le parfum reste encore une citadelle fortifiée. Très peu de matières premières nobles, des molécules de synthèse anarchiques et un lobby roi, le parfum doit en plus de tout éviter qu’une note de tête dépasse plus qu’une autre afin de séduire les cinq continents aux standards pourtant différents.

 

Plus encore, le parfum est l’un des derniers bastions où l’opacité règne encore en monarque absolu. Face à ce constat, son nez s’insurge. « L’audace a fait les rois » disait Crébillon. Ou plutôt les reines dans ce cas présent. Comme un signe annonciateur, son prénom composé en rappelle un autre… Chaque époque, chaque secteur a son lanceur d’alerte, sa sentinelle de l’invisible, son défenseur des droits. Son audace à elle sera de devenir le porte-étendard de la transparence.

 

En mai 2019, Marie-Hortense fonde Bastille, l’histoire d’une douce révolution. Aucune tête coupée, seulement des nez réorientés et rééduqués vers des senteurs naturelles. Néophyte dans le domaine, la jeune femme se met alors au parfum et s’entoure d’Anne, indépendante et armée de vingt ans d’expérience dans le secteur. De cette alchimie immédiate entre les deux femmes nait la première collection Bastille. Cinq parfums-mousquetaires couvrant l’ensemble des grandes familles olfactives.

Des jus non genrés, vegan, composés à 95% d’ingrédients naturels – une prouesse, mais aussi sans perturbateurs endocriniens et additifs. Alors que les parfums classiques contiennent entre 50 et 300 ingrédients, ceux de Bastille en ont entre 27 et 44.

Hors-piste, une cologne moderne et surprenante pour les impertinents, Demain promis, un nectar réconfortant pour les procrastinateurs, Un deux trois soleil, un parfum espiègle pour les nostalgiques de l’été, Pleine lune pour les doux rêveurs, et Bataille, un combat entre eau et flamme pour inonder notre feu intérieur.

 

Marie-Hortense avait en tête de mettre en valeur le savoir-faire français. Promesse tenue : ses parfums sont fabriqués à Grasse, les flacons décorés par un sérigraphe de Maisons-Alfort, les étuis sont fabriqués à Paris et mis en flacons à Chartres.

Jusqu’à présent, Marie-Hortense prend le contrepied de son grand-père en privilégiant, le temps que la prise soit assurée, le digital. Alors, pour accompagner au mieux ses clientes, la jeune femme a eu l’idée ingénieuse de proposer un coffret d’échantillons pour découvrir la gamme, à travers une étonnante expérience guidée. Il n’y a plus d’excuse qui vaille, rejoignez la rébellion olfactive...

Crédits photos : Bastille Parfums, Jules Theret



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