Zoé Leboucher, fondatrice d’Admise Paris

L’entrepreneuriat naît très souvent d'un manque. Un besoin à première vue presque anodin, qui grandit au fil du temps pour devenir vital. Dès lors, le chemin de la création devient une évidence. Zoé Leboucher a délaissé la robe noire pour fonder Admise Paris, une marque de tailleurs féminins.

Le bac économique en poche, la jeune Zoé part étudier le droit à la prestigieuse Sorbonne. La coutume veut que le costume soit une étape préalable au port de la robe noire. La recherche de ce deux-pièces, précieux sésame pour fouler le parquet ciré des cabinets, se révèle frustrante. Les tailleurs mal coupés ne rendent pas justice à sa légitime élégance. La jeune femme n’en prend pas ombrage et poursuit son sage apprentissage, mais avec un arrière-goût d’inachevé…Son Master de gestion en patrimoine en mains, l’étudiante s’inscrit à la Chaire Entrepreneurial de l’ESCP Europe. Une année pour démystifier la création d’entreprise qui lui fait la cour suprême.

Fraîchement diplômée, la jeune femme repousse les assauts de sa liberté, forge son expérience et prend le chemin du droit et du marketing. Mais le verdict est sans appel : au fil des mois, sa peine devient chaque plus lourde et son besoin d’entreprendre capital. Entre deux synthèses, Zoé songe aux discussions avec ses amies. Des heures à refaire le monde mais surtout à déplorer l’absence de tailleurs féminins, élégants et abordables. Un exutoire durant lequel son idée endormie se réveille…Consciente que son enthousiasme risque perpétuité, Zoé invoque le droit à l’erreur, plaide pour une vie en accord avec ses rêves et démissionne. La rectitude du droit complétée par son sens du commerce lui offre un solide bagage pour démarrer son projet sous les meilleurs auspices. Mais l’intelligence réside aussi dans l’humilité : Zoé débusque quelques mètres de tissus mais confie à un ami modéliste le soin de réaliser les premiers prototypes. Veste, pantalon, jupe, le trio gagnant pour femmes en puissance. Alors que les fêtes de fin d’année arrivent, la jeune femme débute une campagne de financement participatif, avec comme envie secrète, de séduire quelques investisseurs.

La magie de Noël opérant, le projet est couronné de succès : l’objectif de 10 000 euros est atteint en moins d’un mois. Zoé peut alors commencer la production de sa première collection. L’année 2014 commence de la meilleure des manières pour la jeune femme. Une renaissance comme résolution première, qui prend le nom d’Admise. Trois voyelles et trois consommes, qui réveillent en chacun de nous un sentiment de soulagement mêlé d’une certaine fierté.

Pour créer les collections suivantes, Zoé, qu’il est coutume de nommer néophyte en matière de couture, déambule sur les marchés à la recherche de jolies matières et de passementerie, fins de séries de grandes maisons. Avec l’assurance de débuts prometteurs, Zoé dessine les modèles retravaillés sous l’œil expert d’un modéliste. Les pièces sont ensuite confectionnées dans un atelier parisien. Les tailleurs Admise ont un effet libérateur pour permettre aux femmes de se réaliser. Épaulée de cette étoffe parfaitement ajustée, le tissu devient armure et la femme battante. Admise connaît un succès grandissant auprès des femmes, et de ses consœurs créatrices. De cette sororité naissent des collaborations, avec Camille Marguet (retrouvez son portrait ici !) mais aussi Camille Charrière et Monica Ainley, les voies du podcast Fashion No Filter. Le champs des possibles est ouverts...

Crédits photos: Admise Paris



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