Prune, fondatrice des Petites jupes de Prune

Prune a toujours eu goût au dessin et à la mode. Une appétence et un appétit qui semblent avoir sauté une génération, passant directement de ses grands-mères à elle. Une passion qu'elle alimente par la pratique durant sa jeunesse et nourrit à grands renforts d'exercices pratiques au sein de l'école de stylisme et modélisme à la Chambre Syndicale de la Couture parisienne. A l'approche de la soirée de gala venant clôturer trois années d'études, Prune joue la carte de la sage étudiante en se confectionnant une jupe plissée. Ses amies lui en demande une et Prune se plie en quatre pour honorer ces commandes. Car cette première collection de fin d'année devait être la dernière, Prune s'était jurée de rendre les aiguilles une fois la dernière couture cousue. La jeune femme avait d'autres rêves en tête, à commencer par intégrer un bureau de tendances, ces agences qui, pour les plus connues d'entre elles, font la pluie et le beau temps sur les aspirations futures en matière de consommation. Pour l'heure, il est temps de remonter la jupe de quelques centimètres pour enjamber l’Atlantique et suivre à San Francisco un Master orienté business et marketing.

 

De retour dans l'hexagone, la jeune femme récolte le fruit de ses efforts, et entre dans un bureau de tendance longtemps convoité par ses prunelles. Le stage s'achève sans altérer les liens tissés avec son employeur, bien au contraire. Prune poursuit ses missions en tant que freelance. Pour compléter ses revenus, elle songe à une activité parallèle qu'elle pourrait développer. C’est lors d'une soirée arrosée entre amies que les jupes reviennent sur le coin(g) de la table. Ce fruit, autrefois défendu à ses yeux, devient charnu et gorgé de promesses. Les Petites jupes de Prune voient ainsi le jour en mai 2012 et s'invitent dans le salon de la jeune créatrice. Plus les mois passent et plus les mètres carrés consacrés à sa petite entreprise augmentent. Trois puis neuf sous les toits parisiens de Montparnasse, ensuite treize au cœur du sentier pour une mise en jambe réussie. Les commandes fructifient, le projet est désormais suffisamment mûr pour permettre à Prune d’oser travailler sans filet. Elle se consacre à partir de 2015 uniquement à sa marque et s’entoure d’une petite équipe qui triple dès 2017.

 

 

 

Les variétés elles-aussi se multiplient : l’uni fait de la place aux imprimés, alors que la viscose prête quelques plis au cuir ou encore à la laine. Jambe nue du printemps à l’été, peau réchauffée d’un voile plus ou moins épais quand vient l’automne ou l’hiver, la jupe a l’avantage de se consommer en toute saison.

Pour son projet, Prune ne suit pas la tendance de mise qui prône une course aux financements extérieurs à tout prix. A la dette, la jeune femme fait dat(t)e en lui préférant l’autosuffisance. Elle opte pour une croissance douce ainsi qu’une production locale. Une vision saine pour des choix éclairés, pris dans le respect de ses valeurs et des consommatrices. Des clientes qu’elle cajole et qu’elle écoute par-dessus tout. Alors, quand ces dernières l’encouragent à se diversifier, Prune les écoute. Des jupes plissées pour les témoins de la mariées aux robes de mariées en passant par des justaucorps pour donner le change à la jupe, ou encore des sweats pour réchauffer la tenue.

 

Le noyau créatif est à chaque fois le même. Il s’agit de trouver la bonne matière, la bonne coupe, le bon décolleté. Le patron, la coupe et le prototype sont fait sur place, puis c’est au tour des façonniers français de prendre en charge la production et au plisseur de faire virevolter les jupes. Une certaine éloge de la lenteur chère à l’agriculture, remerciée à la fin par la sucrosité du produit.

Aucun faux-pli dans l’aventure et pour cause, la marque a acquis le statut de reine-prune de la jupe (mais pas que) !

 



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