Maryll, fondatrice d’Amalthéa

L’impression de n’être que simple spectateur de sa vie est un sentiment partagé par beaucoup de futurs entrepreneur(e)s. Voir son quotidien défiler et s’observer dans ce monde sans se reconnaître toujours. Quand se dédoublement n’est plus tenable, il est alors temps de redevenir pleinement acteur de son destin. Portrait de Maryll, fondatrice de la marque de soins naturels et bio Amalthéa.

A la fameuse question tant redoutée « que souhaites-tu faire plus tard ? », Maryll répondait avec aplomb « monter mon entreprise pour aider les autres ». Déjà, la douceur de ses yeux bleus ne l’empêchait pas de poser un regard dénué de candeur sur la noirceur de ce monde. La sagesse n’est pas réservée aux adultes, preuve en est. Elle en fait d’ailleurs usage en mettant en sommeil cette idée pour effectuer une trilogie académique classique - baccalauréat, classe préparatoire, école de commerce – avec une spécialisation en finance d’entreprise, sans passion. Les premières années professionnelles déferlent à un rythme effréné. Le crépuscule et ses weekends sont dilapidés pour faire face à la pression d’un argent qui ne dort véritablement jamais. Sa dette de sommeil s’accumule jusqu’à construire un mur dangereusement haut. Le yoga et la méditation sont ces seules bulles d’oxygène dans ce quotidien harassant. Dans l’open space désincarné, le visage éclairé par l’écran de son ordinateur affichant des tableaux Excel remplis de chiffres, Maryll contemple impuissante le vide de son existence. Son enthousiasme plonge alors dans les méandres de ces feuilles de calcul. Aucune formule complexe n’est nécessaire pour faire le bilan, le calcul est des plus simples : une soustraction d’un monde qui n’est pas le sien.

Alors que son enthousiasme est en faillite, son cerveau décide de reprendre le contrôle et déclenche une OPA salvatrice pour reprendre le contrôle de son capital tristesse. A l’aube de ses trente printemps et après huit longues années dans la finance, Maryll tombe le masque et démissionne. Les salaires affriolants du secteur lui ont permis de sauter avec un petit parachute pour atterrir en douceur et ainsi relever la tête. Sa révolution personnelle commence…

 

Maryll se replonge alors dans ses souvenirs d’adolescence et l’un en particulier la submerge. Une mère posant un regard dur et intransigeant sur ses rides refait ainsi surface. Un comportement né des injonctions d’une industrie promettant la beauté éternelle avec des produits potentiellement nocifs.

Le sentiment que le monde de la beauté se fait contre les femmes, mais aussi contre la planète finit par convaincre Maryll qu’une autre voie est possible. En janvier 2018, la jeune femme, forte de ses convictions retrouvées, fonde Amalthéa, une maison de soins accueillant la simplicité, la sécurité et le goût pour la nature. Le nom choisi, référence à la mère nourricière de Zeus, ne doit rien au hasard et annonce un retour aux sources et la célébration des richesses offertes par une nature généreuse.

Amalthéa propose des produits simples, sains et bio, le tout dans des flacons rechargeables et réutilisables. Crème hydratante, eau nettoyante et huile démaquillante composent le nouveau rituel dépourvu de tout superflu. En octobre 2018, Maryll ouvre un écrin parisien pour être au plus proche de sa clientèle. L’humain, avant tout.

Faire du bien aux femmes (mais aussi aux hommes sa gamme est mixte), sans glorifier la jeunesse éternelle mais plutôt la sagesse immortelle, c’est les aider à se sentir belle. Voilà la boucle bouclée…

Crédits photos : Amalthéa



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