Marie Filleau, fondatrice de Bianca Paris

L’entreprenariat est-il héréditaire, à l’instar des yeux bleus ou de l’ovale d’un visage ? Rien n’est moins sûr. Mais quand la génération d’avant entreprend, le passage de témoin semble bien naturel. C’est le cas de Marie Filleau, fondatrice de la marque de bougies Bianca Paris, dont French Marmaille est tout feu tout flamme à l’idée de dresser le portrait !

Ses parents tous deux entrepreneurs, Marie grandit dans une maison mêlant la douceur d’un cocon et l’exigence d’un bureau. Elève studieuse et appliquée, elle décroche son bac économique et opte pour du droit, sans conviction. Après un passage éclair de trois mois sur les bancs de la fac, Marie traverse l’Atlantique pour apprivoiser la langue de Shakespeare, le temps d’un semestre. A son retour d’Oxford, la jeune femme intègre tour à tour deux écoles de commerce, à Reims, sa ville natale, puis Toulouse. Elle y obtient un Master en contrôle de gestion-audit-expertise comptable.

Après un passage dans l’hôtellerie à Bruxelles, Marie revient dans la ville qui l’a vu naître et entre en stage chez une prestigieuse maison de Champagne. A jongler entre les chiffres et les bulles, Marie finit par décrocher le sacro-saint CDI. Un passeport vers une certaine sécurité financière, mais aussi vers l’ennui. L’effervescence des premiers temps laisse rapidement place à la monotonie. L’étincelle des débuts se consume pour s’éteindre complètement. Consciente qu’elle ne peut endurer cet état de désenchantement plus longtemps, Marie saute le pas et quitte l’entreprise champenoise après un an et demi de bons et loyaux services. Une décision qui surprendra sa direction, tant la jeune femme était appliquée et consciencieuse dans son travail.

Déboussolée, Marie s’envole retrouver son frère à Bali. Un voyage au bout du monde pour lui redonner des ailes et voir le début de son histoire à elle. Ordinateur et téléphone laissés dans l’hexagone, aucune onde négative ne vient perturber cette retraite professionnelle. De retour en France, la jeune femme retrouve l’énergie nécessaire pour une reprise en main salvatrice.

Travailleuse et solitaire, Marie a l’intime conviction qu’elle doit embrasser la voie de l’entreprenariat, avec l’envie irrépressible d’évoluer sur internet, à l’image de Mathilde Lacombe, entrepreneuse qu’elle admire (son portrait à découvrir ici !) Un coup d’œil jeté à son intérieur et le constat est sans appel : la jeune femme vit entourée de bougies parfumées. Après une réflexion rapide, les bougies ont plus d’un tour dans leur cire : non périssables, et dans l’air du temps. Elle tient l’idée lumineuse qui va rallumer sa flamme intérieure : Bianca Paris. Un prénom à la fois féminin et délicat, pour une marque sobre et élégante. Le chic à la française, avec un léger accent italien, joli clin d’œil à la couleur naturelle des bougies.

Si Marie a à cœur de se lancer à corps perdu dans cette aventure, il lui manque toutefois deux organes vitaux : le « nez » qui sera à l’origine des senteurs, et les mains expertes d’un artisan cirier. 

Elle finit par trouver les perles rares. S’ensuit un long travail d’alchimiste, pour trouver les accords parfaits. Marie s’impose une condition drastique : ses bougies doivent sentir aussi bon enflammées qu’au repos. Après plusieurs mois à doser les équilibres, six senteurs voient le jour : florale, boisée, fruitée, douce, tonique ou gourmande. Le crépitement d’un feu de cheminée, la rosée du matin, une pelouse fraîchement tondue, un petit-déjeuner au soleil ou une tarte aux fruits acidulée, les bougies de Marie ont la délicieuse saveur d’une madeleine de Proust.

Si les bougies sont blanches (car confectionnées à base de cire naturelle de soja), l’âme de Bianca est tricolore : la jeune marque est une vitrine du savoir-faire français à elle-seule : les étiquettes sont imprimées à Lille, les coffrets réalisés à Lyon et le design dessiné à Reims. Cocorico !

Marie se met alors en ordre de bataille et commande 1000 bougies. Pour les mettre en lumière, son compagnon, développeur web, est de mèche avec elle. Quelques lignes de code plus tard, son commerce se voit précéder d’un petit « e », pour onduler sur le net dès octobre 2016. Mais Marie ne se contente pas de tisser sa toile. Son équilibre, elle le trouve en ayant un pied en ligne, l’autre dans la rue (Bianca Paris a déjà une dizaine de revendeurs en France).

Avec Bianca Paris, son quotidien s’est éclairé. Les journées monotones de sa vie passée de salariée ont fait place à des journées incandescentes d’entrepreneuse pressée, impatiente de mettre sur papier les idées lumineuses de son cerveau en ébullition….

“Qui veut élever en un instant une flamme puissante commence par l'allumer avec de faibles brins de paille.”

William Shakespeare.

Nul doute que la petite flamme de Bianca Paris deviendra grande !

Un grand merci à Marie pour sa douceur et sa gentillesse !

Crédits photos: Bianca Paris 



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