Juliette, fondatrice des Capuches à mémé

La vie professionnelle n’est pas épargnée par les intempéries : rupture de contrat ou licenciement économique, l’orage peut frapper brutalement et vous foudroyer sur l’instant. Mais les nuages ne durent qu’un temps et se dissipent aussi rapidement que le tonnerre est arrivé pour laisser place à un coin de ciel bleu, réceptacle idéal de nos rêves. Portrait de Juliette, fondatrice des Capuches à mémé !

L’année 2004 marque le début d’une vie professionnelle fleuve. Fraîchement diplômée de l’École Supérieure Estienne des Arts et Industries Graphiques, Juliette enjambe la Manche pour toucher l’effervescence londonienne et l’inspiration créative qui ruisselle dans cette ville monde. Elle écrit sa première page dans l’édition durant deux années pour finalement lui préférer le graphisme et la communication d’un service marketing baignant dans la mode. Cette dernière expérience se révèle capitale pour la jeune femme. Grâce à une confiance nouvelle gagnée au rythme des traits de crayons, Juliette affirme son style et assume la charge de l’ensemble des supports des 350 magasins du Royaume-Uni. C’est ainsi gorgée de toute la culture graphique londonienne et imbibée d’idées nouvelles qu’elle rentre dans son hexagone natal.

Désormais libre comme l’air, Juliette se lance en freelance et travaille avec de jolis noms, Swarowski, Brandalley, Clarins ou le Crazy horse pour ne citer qu’eux. Un éclectisme né grâce à ce passage dans cette ville cosmopolite. Les sollicitations pleuvent et Juliette accepte, portée par l’enthousiasme de sa jeunesse, des postes en CDD de directrice artistique, dans la presse écrite notamment. Le soleil au beau fixe, Juliette jongle avec les projets. Mais ses espoirs sont un temps douchés. Un de ses contrats prend l’eau, la faute à une presse pétrifiée et incapable de se renouveler face à la tempête déconsumériste qui s’abat sur elle, faisant valser ses feuilles. Juliette se voit alors licenciée malgré elle. Mais la chance souris aux audacieux et l’adage annonçant le beau temps après la pluie n’a jamais été aussi vrai. Elle ne le sait pas encore, mais l’avenir s’annonce arc-en-ciel. Un jour, alors qu’elle aide à vider l’appartement de sa grand-mère partie en maison de retraite, Juliette ouvre un tiroir-trésor.

A l’intérieur de ces quatre pans de bois, une matière plastique recroquevillée : plusieurs capuches de pluie, précieux remèdes de nos aïeules pour éviter les frisottis indésirables en temps de pluie. Les réminiscences de balades sous l’eau de Chambéry inondent à nouveau sa mémoire. Le coup de foudre est immédiat. Juliette aime cet accessoire désuet et se met au défi de le remettre au goût du jour. Les paris sont pris avec sa grand-mère déjà conquise…

L’idée se loge entre deux dessins, puis, insidieuse et irrésistible, finit par déborder sur une journée par semaine. Juliette décide de poser officiellement une semaine de congés pour se consacrer uniquement à la capuche. Après sept jours, sept nuits et quelques gouttes de sueurs, Juliette exulte. Son envie d’avoir un projet personnel se décagoule et perce enfin au grand jour. Elle se met à l’abri financièrement en gardant ses clients fidèles mais se consacre chaque jour un peu plus à ses capuches. Elle les redessine dans un tissu imperméable à motifs, pour un bouclier coloré face à la grisaille pluvieuse. Les Capuches à mémé sont nées.

Sur son nuage, Juliette prend tour à tour la casquette de conceptrice, financière, attachée presse, ou logisticienne. Mais qu’importe, le moral est au beau fixe, porté par la confiance d’un accessoire indispensable dans un pays dominé par le climat océanique. Bruine, torrentielle, diluvienne, vaporeuse ou tempétueuse, la pluie s’invite, imprévue, nous prenant au dépourvu. Cette jeune femme n'a donc pas fini de danser sous la pluie...

Crédit photos: Les Capuches à mémé



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