Juliette, fondatrice de Pigeon-coq

Tout juste affranchie de son baccalauréat économique, Juliette délaisse rapidement les théories du libre-échange pour les règles du long-métrage. Elle intègre l’École Supérieure de l’Art Audiovisuel (Cinéma, son, animation) à Paris, après un passage éclair en prépa Art. Trois années pour défaire, dans les règles, les ressorts du 7ème art. Tournage, montage, doublage, l’heure est au décryptage pour l’étudiante en herbe.

Fraîchement diplômée, Juliette commence sa carrière professionnelle en tant qu’assistante post-production chez Mandarin Cinéma. Pendant deux ans, la jeune femme devient le trait d’union entre la production et la réalisation, orchestre les avant-premières et projections test, ou encore la gestion des contrats. Au fil des jours, la jeune femme ressent la désagréable impression d’être devenue simple figurante de sa vie. Le cinéma devient alors un art décoratif. Juliette a des envies d’ailleurs et un désir fou de voir son horizon s’ouvrir et ne plus se limiter à quelques pixels. Juliette au dos ailé s’envole alors pour un aller simple vers l’inconnu, avec la seule promesse d’une expérience arc-en-ciel. Durant un an, elle surfe sur la nouvelle vague et les continents défilent sous ses pieds. De retour dans on hexagone natal, Juliette se frotte aux règles d'une start-up en prenant les rênes de sa communication. Elle entre ensuite dans une nouvelle dimension en intégrant un célèbre groupe du petit écran. Mais l’envie d’avoir son propre projet couve toujours… La jeune femme s’est fait une promesse à l’autre bout du monde, celle de se créer le job idéal, capable de la faire onduler du lever du soleil jusqu’à son coucher. Alors qu’elle fait part à ses proches de ses errements, une amie lui glisse à l’oreille un mot à l’effet  boomerang : le DIY (« fais-le toi-même »). Trois lettres qui vont raisonner si fort en elle qu’elles seront le parachute tant attendu pour sauter les yeux fermés

vers l’inconnu. En avril 2016, Juliette met alors un terme à sa vie de salariée.

La jeune femme rembobine alors ses tendres années, embrassées par cette passion du DIY. Encouragée par des parents artistes, la petite Juliette dessine, bricole, et fabrique. L'outil, qu'il soit stylo, ciseaux ou rabot, est devenu simple prolongation de ses doigts fins. Le faire soi-même, c’est prendre le temps, apprendre, appréhender la matière, les textures, et apprivoiser la technique. Tout un programme en soi. Animée de cette envie retrouvée, Juliette se sent pousser des ailes. En avril 2016, alors que les oiseaux rentrent dans leur nid, après un périple sudiste éreintant, Juliette opère sa migration. Elle est admise au sein du programme de l’ADIE (Association pour le droit à l'initiative économique) aux côtés de douze autres entrepreneurs. Deux mois pour opérer sa mue et se gorger de solutions en financement. Pour ne laisser aucune plume, elle canalise son énergie et aiguille son projet autour d’un produit et d’une matière : le sac en cuir, accessoire iconique du plumage féminin. A la rentrée 2016, la jeune femme fait ses classes et présente son projet : des ateliers pour fabriquer soi-même son propre sac.

Pigeon-coq naît en septembre 2016.  Un nom à la fois baroque, non-conformiste et truculent. Un oiseau hybride à deux têtes, l’une baissée à picorer dans les rues de Paris, l’autre relevée d’une crête orgueilleuse à regarder le monde de sa superbe. Juliette commence alors par organiser des ateliers chez des amis. Le célèbre bouche-à-oreille (connu sous l’acronyme BAO, fonctionne aussi pour bec-à-oiseau) fait le reste : les ateliers connaissent un succès grandissant. En janvier 2017, Juliette trouve alors un pied-à terre, niché dans le deuxième arrondissement de Paris, à une minute à vol d’oiseau du musée des Arts et Métiers… Après avoir jeté leur dévolu sur le modèle, les apprenties d'un jour choisissent leur cuir parmi toutes les chutes mises à leur disposition.

Puis vient le temps de la réalisation. Sous les yeux encourageants et bienveillants de Juliette, les matières s’élèvent, s’acoquinent à travers les œillets montés en cascade, le tout grâce à des techniques de maroquinerie dignes des meilleurs artisans.

Le pigeon-coq a fait son nid, depuis les premiers ateliers. Les ceintures et la petite maroquinerie sont venues compléter la gamme initiale. Le pigeon-coq n’a pas fini d’arpenter la haute-cour du DIY, la crête écarlate fièrement dressée...

 

Crédit photos: Le Pigeon-Coq

Un grand merci à Juliette pour son enthousiasme, sa bienveillance et sa patience !



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