Julia Bijaoui, cofondatrice de Frichti

La recette du succès ? Une cuillère de courage, une grosse louche de passion, deux carreaux de chance, un filet d’audace et quelques graines d’insouciance. Mélangez-le tout avec beaucoup d’huile de coude et vous obtiendrez l’histoire fondante de Julia Bijaoui, fondatrice de Frichti, les plats cuisinés livrés à domicile. Vous en reprendrez bien un peu ?

Après deux années intensives en classe préparatoire chez les Jésuites de Rueil-Malmaison, Julia intègre la très prestigieuse école HEC en 2008. De son passage dans cet institut cinq étoiles, elle croquera avec délectation sa devise, « apprendre à oser ». L’audace coule dans les veines de l’étudiante et les idées s’entrechoquent dans sa tête bien faite : en véritable touche-à-tout, elle crée avec une amie le prix Littéraire des Grandes Ecoles, puis participe à Vox.org, un site comparateur de programmes politiques.

A l’été 2012, elle ouvre le premier grand chapitre de son histoire en rejoignant la jeune équipe de Joliebox, alors en plein développement (aujourd’hui Birchbox, pionnier des box beauté sur abonnement. Retrouvez le portrait de la cofondatrice, Mathilde Lacombe, ici !). Elle s’emploie pendant trois années à développer cette jeune pousse. C’est dans cette structure pleine de promesses qu’elle fait la rencontre de Quentin Vacher (un des cofondateurs de Joliebox) qui deviendra son compagnon et futur associé…

Loin d’avoir été dilué par les années, son goût pour l’entreprenariat a été relevé par le sel de la vie. Julia souhaite plus que jamais renouer avec l’audace de ses années étudiantes. Elle fait donc naturellement le choix d’une vie un peu plus pimentée en quittant la jeune entreprise. Désormais libre comme l’air, la jeune femme souhaite revenir à ses premiers amours et à sa véritable passion : la restauration.

Car la cuisine est une affaire de famille chez les Bijaoui. Julia est le joli fruit de la rencontre entre l’Europe de l’Est (un grand-père polonais, une grand-mère allemande, côté maternel) et la Méditerranée (une famille juive tunisienne du côté de son père), avec pour langue universelle la bonne chair. Les repas sont sacrés dans sa famille, où l’on s’emploie à refaire le monde autour de nourritures terrestres sublimées. Au menu chaque semaine, des mots et des mets entremêlés.

Sa passion se faisant dévorante, elle se lance dans l’ouverture d’un café en bord de Seine. Mais six mois d’un travail acharné ne suffiront pas à étancher son impatience. Julia finit par jeter les couteaux. De cette première aventure, elle en tire le nectar qui sera à la source de son second projet.

Car la passion qui l’anime l’amène à ne pas compter ses heures. Les soirs arrivent bien trop tôt, traînant avec eux la question quotidienne tant redoutée du menu du soir. Julia et son compagnon se retrouvent à une heure tardive, devant un plat de pâtes les soirs de fatigue intense, ou un plateau de sushis lors de soirées plus fastueuses. Une monotonie culinaire qui déprime le duo de fins gourmets. Un soir de mars 2015 où le frigo est un peu plus vide, le couple d’entrepreneurs se lamente devant l’absence d’un service de plats livrés à domicile. A cette époque, Deliveroo n’a pas franchi la Manche et Take It Easy n’en est qu’à ses prémices… L’idée, somme toute très simple, germe dans leur esprit… Des modèles similaires aux Etats-Unis finissent de les convaincre. Face à cette évidence, Julia retrouve le goût des pépins de pomme…

Nom de code de cette seconde aventure : Frichti. Julia mord avec appétit dans cette nouvelle histoire tandis que Quentin, toujours chez Joliebox, distille ses précieux conseils d’entrepreneur. Tout va alors aller très vite. Julia rencontre la chef Lucille Valentin, passée par le Royal Monceau et le Faust. Coup de foudre professionnel. Les deux jeunes femmes élaborent à quatre mains les premiers menus qui seront proposés aux parisiens stressés. La recette de Frichti est élémentaire mais d’une efficacité savoureuse : des plats simples, faits maison, joliment présentés et à un prix très accessible. A travers ce crédo, Frichti souhaite devenir un livreur de bonheur !

Le 8 juin 2015, le 1er frichti est commandé. En émoi, les papilles des parisiens demandent un deuxième service. Julia n’en oublie pas ses acquis dans la construction de marque : ses premiers clients deviennent ses ambassadeurs. Elle leur donne des cartes de visite aux couleurs de Frichti et les encourage à répandre la bonne parole. Les débuts sont fulgurants et la croissance de Frichti est vertigineuse. Après trois levées de fonds successives de 1, 12 puis 30 millions d’euros, Frichti s’offre l’avenir sur un plateau…

Crédit photos: Frichti

Interview réalisée en juillet 2015 (le temps passe vite !) pour ma 1ère aventure éditoriale, l'Officieux !



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