Hélène, professeure de yoga et fondatrice de YUJ

Il y a des personnalités solaires, dont le rayonnement intérieur irradie des kilomètres à la ronde, vous élèvent autant qu’elles vous bouleversent. Hélène Duval en fait assurément partie. Portrait de cette yogi qui a construit un temple du bien-être, à la force de ses bras.

Hélène aime rappeler qu’il n’y a jamais de hasard. Un mantra qui prend, au regard de sa vie, des allures de karma, tant sa carrière est ponctuée de rendez-vous. Alors qu’elle entame avec la légèreté de sa jeunesse sa deuxième décennie, Hélène fait une rencontre qui va bouleverser sa vie. Une rencontre sensorielle, corporelle et spirituelle. Elle pousse les portes d’un des seuls studios parisiens de yoga de l’époque. Une conviction émerge entre deux torsions : cette première séance est une libération, une révélation… La jeune femme garde la tête sur les épaules et jongle entre la fin de ses études et une pratique désormais quotidienne. Ses diplômes en poche, la jeune Hélène s’envole un semestre au Japon, à l’ombre des cerisiers. De retour dans l’hexagone, elle ancre durablement ses voûtes plantaires dans le monde des médias, d’abord en tant qu’attachée de presse puis au sein du service publicité. Elle grimpe avec dextérité les échelons au fil des ans pour finir directrice du développement des annonceurs mode chez le cultissime Vogue, sans jamais renoncer à sa parenthèse journalière de yoga. Un métier de rêve comme elle le confesse, mais qui ne suffit plus à faire battre les ailes de papillons nichés dans son ventre. N’étant pas du genre à courber le dos en dehors de sa pratique, Hélène, alors enceinte de son premier enfant, prend une profonde respiration et envoie au tapis son job. Une première brique se pose délicatement. Elle commence à donner des cours à une poignée d’amies lors de son congé maternité. Ses élèves, chaque jour plus nombreuses grâce au bouche à oreille, font d’elle une professeur en devenir.

La deuxième brique vient s’emboîter naturellement. Face à l’engouement de ses cours, le legging est devenu une extension d’elle-même, mais pas encore une seconde peau. A l’époque, les seuls collants existants, dédiés à la course à pieds, offraient une enveloppe peu confortable à la pratique du yoga. Deuxième profonde respiration. Hélène décide alors de lancer la première marque de vêtements de yoga, techniques, désirables et éco-responsables. Si cette dernière notion se retrouve aujourd’hui érigée en mantra, rares étaient les marques qui en faisaient une valeur fondatrice à l’époque. YUJ, racine du mot yoga en sanskrit, nait ainsi en 2014. Brassières, leggings, sweats et tapis viennent au fil du temps compléter doucement la gamme, tous ornés de motifs tendance ou de vibrants messages.

A peine le temps de reprendre son souffle qu’Hélène reprend une troisième profonde respiration. Elle a alors l’intuition que des bulles de quiétude sont indispensables dans les vies de ces parisiennes stressées, mais aussi la sagesse de vouloir s’éloigner du classique studio. Elle repense alors à son expérience nippone, pendant laquelle elle a découvert avec curiosité les iyashi dômes, rituels japonais inventés après Hiroshima, pour se débarrasser notamment d’une concentration élevée en métaux lourds due à une alimentation riche en poisson. Les infrarouges du soleil, bons pour notre développement osseux, pénètrent les pores d’une peau qui transpire à leur contact et élimine ainsi les toxines.

Elle fonde alors son premier studio, refuge urbain dans lequel élèves et professeurs peuvent en toute sérénité pratiquer le fameux flow rapporté de New York, cette vague qui déferle sur le cerveau et submerge les yogis dans un état de concentration maximale et de lâcher prise.  Plongés ainsi dans la pénombre, éclairés à la seule lueur de bougies blanches, réchauffés par l’infrarouge et guidés par la voix, les élèves apprennent à accepter les limites de leur corps et à faire preuve de souplesse envers eux.

Au fil des ans, les maisons de pleine conscience YUJ bourgeonnent et sont, au nombre de huit en 2020, année tempétueuse. Malgré le tsunami provoqué par la pandémie, Hélène garde les pieds sur terre et opte pour la posture du guerrier. En réponse à la fermeture imposée de ses studios, Hélène trouve refuge dans la bulle qu’est internet. Hélène mobilise ses professeurs et propose des cours en ligne. La frontière géographique s’efface alors et offre à tous les yogis de France et d’ailleurs la possibilité de suivre les cours YUJ.

Il y aurait donc du bon à tirer de chaque crise, aussi dure soit-elle. Une pensée qui pourrait s’inscrire dans la sagesse yogi… Namasté.

Crédit photos : YUJ



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