Delphine Lopez, fondatrice de Maradji

Il paraît que les voyages forment la jeunesse. Des jeunes chaque jour plus nombreux à prendre la route, l’air ou la mer. S’ouvrir à l’Europe puis au monde, c’est aussi l’histoire de Delphine Lopez, fondatrice de la marque d’accessoires Maradji. Portrait de cette globetrotteuse invétérée, issue de cette génération Erasmus aux pieds ailés, qui puise l’inspiration dans chacun de ses périples.

Le bac S en poche, Delphine entre à la faculté de droit de Bordeaux. Vient alors le temps de l’ennui et d’une profonde remise en question. Delphine se rend compte qu’elle est plus jupe que juge, couture que coutume, conception que Constitution. L’étudiante part alors rejoindre sa sœur à Barcelone, le temps d’avoir les idées claires. La vie est douce dans la capitale catalane. L’étudiante coule des jours heureux et se projette dans cette ville cosmopolite. Elle se met à chercher des écoles et crayonne des dossiers de candidature. Elle intègre l’Europeo di Design, dans la section mode. Pour son stage de fin d’études, son esprit divague pour finalement voguer vers l’Inde, près de Jaipur. Le pays rêvé pour toute passionnée de mode : l’élégance dans le drapé d’un sari, l’enroulement d’un turban, les matières et couleurs infinies ne peuvent qu’émerveiller les yeux d’une initiée. Au sein d’une entreprise familiale fondée par une jeune fratrie, Delphine va être le trait d’union entre l’artisanat indien et la modernité occidentale. Neufs mois d’une liberté d’action totale qui vont l’épanouir complètement. Un voyage unique et initiatique qui l’influencera bien plus qu’elle ne le croit…

La jeune femme revient sur le vieux continent et prend ses quartiers d’été en Andalousie, à Malaga. Styliste pour une marque enfants, le manque de créativité aura raison de son enthousiasme. Elle ne reste finalement qu’une saison avant de reprendre ses malles, destination Madagascar. Europe, Asie, Afrique, les continents défilent sous ses pieds pour son plus grand bonheur. Sur l’île rouge, Delphine a la responsabilité d’un atelier d’une quinzaine de personnes et retrouve ce sentiment de plénitude.

Ses petits carnets ne la quittent pas pendant ces quatre années. Elle y met sur papier toutes les idées logées dans sa tête au cours de ses pérégrinations qui lui serviront d’inspiration. Mais pour l’heure, il est temps de rentrer près des siens.

De retour sous la grisaille parisienne, l’envie de briser le plafond de verre est irrésistible. A son goût de liberté s’ajoute l’héritage de ses grands-parents, propriétaires du Comptoir général des Textiles dans les années 50. Une façon pour elle de reprendre le flambeau, à sa manière. Delphine structure ses envies. Après un temps de réflexion, elle jette son dévolu sur les accessoires : foulard, ceinture mais surtout pochette et sac, tous les accessoires qui viennent enrichir et habiller une silhouette un peu sage.

Ses valises remplies d’esquisses, elle remet les voiles direction l’Inde pour réactiver ses contacts. Elle tisse des liens avec des artisans qui deviendront des partenaires de confiance. De retour les bras chargés de prototypes, la première collection prend joliment forme. Autodidacte, Delphine se découvre un véritable talent de couteau-suisse : styliste, développeuse web, comptable, elle devient mille visages à la fois. La fin de l’été 2014 sonne le début de son aventure personnelle. Il est alors temps de lui donner un nom. Delphine se tourne une nouvelle fois vers son pays de référence et d’influence : Maradji. Un nom à la saveur doucement épicée.

Velours, cuir, jacquard…les sacs et pochettes sont habillées de matières nobles, elles-mêmes ornées de broderies délicates et perles scintillantes. La maroquinerie Maradji jongle brillamment avec les matières, les harmonies et les univers pour nous rappeler les effluves d’une Espagne brûlante ou encore le tumulte d’un souk. Une façon unique d’avoir le monde à son bras.

En trois ans, Maradji a pris de jolies couleurs. Les horizons se sont ouverts et la marque de Delphine est désormais vendue par 140 revendeurs dont les prestigieuses Galeries Lafayette, reconnues pour être des dénicheuses de jeunes talents.

Talentueuse, cette jeunesse l’est assurément selon Delphine. Une génération qui se débarrasse des vieux carcans conventionnels, possède l’énergie et l’ouverture d’esprit nécessaires à l’entrepreneuriat.

Le voyage est ma maison

Muriel Rukeyser

Cette aventure entrepreneuriale, Delphine l’a embrassée, et on lui souhaite qu’un doux zéphyr l’accompagne dans ses années futures…

Un immense merci à Delphine d'avoir pris le temps d'échanger avec moi sur son parcours!

Crédit photos: Maradji



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