Constance et Frédérique, fondatrices de Calipige

L’entrepreneuriat est un état d’esprit contagieux, qu’il convient d’entourer de bienveillance, pour éviter qu’il ne devienne infectieux. Alors, quand les deux associés sont liés par le sang, tout semble couler de source. Portrait de Frédérique et Constance, fondatrices de la marque de maillots de bain Calipige, une histoire de sœurs et de cœur.

Après une enfance et adolescence passées dans les Antilles, les deux sœurs prennent un ticket pour la métropole. Elles s’assurent toutes les deux des fondations solides dans l’immobilier, avec un Master II Aménagements, Promotion, Construction pour Frédérique, et une spécialisation en Audit, Expertise et Conseil pour Constance. Ce mimétisme sous-jacent s’interrompt pour un temps, les sœurs entrant dans des entreprises concurrentes. Pendant deux ans, elles vont être au contact d’entrepreneurs passionnés à l’enthousiasme contagieux et aux idées visionnaires prodigieuses. L’envie d’entreprendre spécule doucement en elles. Leurs cellules grises à la manœuvre, les filles cherchent l’idée-socle sur laquelle leur projet futuriste se reposera. Le duo creuse jusqu’à trouver les réminiscences d’une passion commune enfouie, la mode.

Un jour de janvier 2014 et après deux années à côtoyer le génie civil, Frédérique et Constance repoussent les assauts de leur peur et embrassent le génie créatif. Les deux jeunes femmes deviennent architectes de leurs vies et le nouveau locataire de leurs pensées prend le doux nom de Calipige. Un clin d’œil à la Vénus grecque Callipyge, à deux nuances orthographiques près. Une liberté de caractères qui donne le ton et renvoie à la célèbre femme antique au péplos légèrement soulevé laissant entrevoir un postérieur tout en rondeur. Un nom qui ne laisse planer aucun doute quant à l’ambition de ce duo féminin : partir à l’abordage des beaux rivages en maillots de bain irrésistibles...

L’épargne familiale et la Banque publique d’investissement de la Martinique leur apportent le soutien financier nécessaire. Pour sortir le haut de l’eau et se distinguer dans la marée de marques déjà bien ancrées, les jeunes femmes proposent des maillots de bain adaptés aux quatre morphologies féminines, A, V, H et X. Des lettres classiques qui s’avèrent capitales pour sublimer les corps. Les lignes architecturales d'hier deviennent dès lors sculpturales et les volumes jouent les équilibristes sur les courbes des femmes pour une silhouette harmonieuse. Le justaucorps devient juste corps. Les naïades des caraïbes sont à la recherche des courbes parfaites. Frédérique et Constance dessinent elles-mêmes chacun des modèles puis les transmettent à leur modéliste pour éditer les fiches techniques et patronages, étape indispensable à la fabrication. Les tissus sont sélectionnés avec le plus grand soin, en provenance d’Italie ou de France, des pays reconnus pour être entourés d’un littoral paradisiaque.Le duo s’entoure d’un façonnier, dont les mains expertes travaillent déjà pour Eres et Céline. Leurs créations séduisent les femmes et, par ricochet, les grands magasins parisiens.

En 2017, après le bleu de l’eau, le duo s’attaque au gris du bitume. Frédérique et Constance se lancent dans le prêt-à-porter. Chemises, pantalons, shorts, robes etc., leur première collection recense les indispensables du vestiaire féminin. Elles reprennent le crédo qui a fait le succès de leurs maillots pour un mariage terre/mer des plus harmonieux. Une collection confectionnée en France qui fait la part belle aux détails : un col lavallière, des manches endimanchées, ou encore des nœuds élégants. Elles lancent une campagne de financement participatif au printemps 2017 et récoltent plus de 20 000€. Un matelas confortable pour lancer la production.

Calipige fait écho à la féminité, à l’élégance, à l’intemporalité. Les femmes s’émancipent dans un corps à corps désormais bienveillant avec leur miroir.

Crédit photos: Calipige



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