Céline de Monicault, créatrice de robes de mariée

« Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point » disait Pascal. Pourtant, lorsqu’il est possible d’allier passion et raison, l’union devient sacrée et le mariage qui en découle ne peut être qu’heureux. Portrait de Céline créatrice de robes de mariées, revenue avec raison à son  premier amour.

Toute petite déjà, Céline calmait la frénésie de ses doigts par le dessin, la peinture, mais aussi la réalisation de bouquets de fleurs ou encore et de robes et accessoires pour ses poupées. Elevée dans la maison d’une grand-mère acquise au sur-mesure, Céline append l’importance des finitions et des détails.

Quelques années plus tard, revoici Céline, jeune bachelière, entrant à la faculté d’Histoire de Rouen. Sur les bancs de l’université, elle contemple, lasse, cette dualité si flagrante entre la monotonie de l’apprentissage d’une Histoire pourtant si épique. Le désamour éclate alors au grand jour. L’étudiante aimerait changer les coups de glaive pour des coups de crayon, les épées pour des aiguilles et alléger de quelques touches de guipure la lourdeur des armures et autres costumes de ces grands personnages. Le divorce a finalement lieu deux ans plus tard. Rattrapée par sa passion du dessin qu’elle exerçait avec tant de fougue quand elle n’était qu’une enfant, Céline arrête la faculté. Elle claque la porte de son studio, emportant malgré elle son prêt étudiant, pour finalement renaître à Chardon Savard, école parisienne de stylisme. Durant ces années créatives, Céline entame la valse des stages et premiers emplois auprès de maisons de renom telles que Des petits hauts, Kenzo, Eve Gravel et Sonia Rykiel.

Les années défilent et la rondeur de 2010 laisse présager un nouveau départ. Elle sera effectivement une année charnière pour la jeune femme. Une amie lui chuchote alors à l’oreille l’idée de monter ensemble une société d’organisation de mariages. Carnets de Mariage naît ainsi dans un nuage de confettis. Un trimestre plus tard, la voici seule aux commandes avec le réflexe d’épauler ses clientes dans la quête de la fameuse enveloppe blanche. Ne trouvant pas robe à leur corps, doucement, machinalement, Céline commence à esquisser des voiles et drapés sur ses cahiers.

Elle fait alors appel aux couturières côtoyées dans sa première vie. Après un an de cette liaison rapprochée,  sa brodeuse lui propose une union, le temps de créer ensemble une première collection. Cinq modèles vont naître de cette noce et célébrer le concept de Carnets de mariage. Les années passent,  les noces de coton font place à celle de cuir, de froment ou de cire, et tout un cortège de robes aussi intemporelles qu’élégantes défile sous ses mains. En 2017, sous les conseils avisés de ses clientes, Céline consent à donner son nom à ses robes.

Les collections de Céline sont un hymne puissant et fédérateur à la femme multiple qu’elle sait être, féminine, élégante, toujours dans le juste milieu entre un lâcher-prise savamment travaillé et un raffinement jamais trop pointilleux. Les meringues sont relayées – Dieu merci- sur le buffet, au rang de simples gourmandises.

« J’aime les jeux de transparences dévoilant le corps avec fausse pudeur : une jambe, une cambrure, une naissance de décolleté sans surenchère. Mes robes se veulent une célébration de la silhouette féminine, une couture contemporaine pour une femme mystérieuse, solaire, libre, qui ne craint pas d’afficher sa force au moins autant que sa fragilité ».

Au-delà d’imaginer ces précieux écrins de douceur, Céline aime plus que tout écouter les histoires de ces femmes, de leurs amours, de leurs rêves, pour les magnifier le jour J. En y regardant de plus près, Céline a délaissé l’Histoire pour des centaines d’autres, sans majuscule certes, mais non moins glorieuses…

Crédit photos: Céline de Monicault



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