Camille, fondatrice de Camille Enrico

Un travail qui devient un carcan trop étroit, une envie d’évasion irrésistible, le besoin de voir le monde s’ouvrir sous ses pieds et la nécessité quasi viscérale de voir s’étendre le champ des possibles. Autant de raisons à l’origine de nombreuses aventures entrepreneuriales, dont celle qui suit. Portrait de Camille Enrico, devenue créatrice de bijoux et globe-trotteuse.

Née à Paris dans une famille de cinéastes, la petite Camille rêve de devenir costumière. Mais le pragmatisme du prêt-à-porter vole la vedette au vestiaire théâtral. Ses choix académiques font alors écran à ses velléités cathodiques. La jeune Camille embrasse des études artistiques en intégrant l’Institut Supérieur des Arts Appliqués de Paris (LISAA) qu’elle complète avec un Master à l’Ecole Supérieur de l’Industrie du Vêtement. De ses formations, Camille apprendra l’art et la manière de s’émanciper et de créer son identité propre. La jeune femme débute le crépuscule de sa carrière chez un grand nom de la mode, Tara Jarmon, connu pour ses couleurs flamboyantes. Acheteuse puis styliste junior au sein de la maison, Camille apprend les coutures cachées de la création d’une marque.

Au fil du temps, son enthousiasme commence à partir en lambeaux. Alors qu’elle a le sentiment désagréable de tourner en rond tout en étant bousculée par une situation personnelle tumultueuse, la jeune femme entame une remise en question, qui sera salvatrice. Camille aspire à un ailleurs plus coloré, un horizon élargi.

Au printemps 2012, à l’heure de la grande migration, la jeune femme déploie ses ailes et quitte le nid professionnel trop étroit qu’était devenu la Maison Tara Jarmon.

Loin de se replier, les ailes s’allongent : désormais libre comme l’air, la jeune femme s’offre un billet d’avion le mois suivant. Sur le fil que lui tisse avril, Camille part découvrir l’Asie : Indonésie, Thaïlande, Philippines, Vietnam, Birmanie etc.., elle enfile les pays comme les perles d’un collier. Après un retour très temporaire dans l’hexagone, Camille repart pour un nouveau continent. Elle sillonne les paysages brésiliens, uruguayens, argentins, boliviens et péruviens. Ses pérégrinations mettent ses sens trop longtemps endormis, en éveil. Camille nourrit son inspiration à grand coups de paysages paradisiaques. Chaque pays nourrit son inconscience, à sa façon.

De retour en France après avoir usé ses bottes de mille lieux, Camille cherche à transformer ce tour du monde en tour de force. Les bijoux vus aux bras, cous et oreilles d’ethnies fabuleuses lui reviennent en boomerang. Elle a alors l’idée de mêler la douceur du fil de coton à la lueur du laiton. Le tissage du métal pour retrouver le métissage qui l’a tant séduit à l’étranger. La conception de ses premiers prototypes ressemble à un chemin de croix. Il lui faut user d’ingéniosité pour trouver le bon filon et ainsi marier à merveille ces deux matières. Elle commence à dessiner ses bijoux graphiques sur ordinateur. Une machine remplace ensuite ses doigts en découpant, sculptant, perçant et polissant les pièces. Elles sont ensuite plongées dans un bain d’or puis brodées à la main, selon la technique du point de croix.

En 2013, sa marque, sobrement éponyme, voit ainsi le jour. Anneaux, médaillons, breloques, créoles, amulettes, manchettes etc., autant d’ornements pour donner à notre peau mille scintillements et voir la vie sous un prisme coloré divin.

Crédit photos : Camille Enrico



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