Amélie Prêtre, fondatrice de la marque Marli

Certains profils ont une bienveillance et un altruisme qui vous désarment. Parce qu’ils placent la réussite collective avant la réussite individuelle, refusent le fatalisme ambiant et participent à la construction d’un monde meilleur, ils sont un puissant antidote à la morosité. Les écouter parler vaut tous les remèdes du monde. Amélie est l’un deux. Portrait de la créatrice de Marli, la marque de cabas responsables, mariage réussi entre l’éthique et l’esthétisme.

Fille et femme d’entrepreneurs*, Amélie a toujours eu l’envie chevillée au corps de se lancer elle-aussi. Pour mettre toutes les chances de son côté, elle enveloppe ses rêves d’une double formation en graphisme et mode chez Penninghen, Esmod puis au Conservatoire des Arts et Métiers. Amélie multiplie les stages, aussi bien dans la création, le modélisme que la presse, pour avoir une vision complète de cet univers impitoyable. Ses diplômes en poche, la jeune femme peut donner libre cours à ses envies. Elle fonde avec une amie suédoise la marque de prêt-à-porter « Bärnsten ». Un mot qui signifie ambre en français, première pierre précieuse à l’édifice de son aventure à elle. Les nombreux encouragements et les leçons tirées de cette expérience longue de deux ans et demi lui donnent l’élan nécessaire pour s’émanciper et aller de pair avec ses rêves.

Dans le même temps, Amélie est à la recherche d’un grand cabas à prix raisonnable. Lasse d’écumer les sites et boutiques sans trouver la perle rare, elle décide de le créer elle-même. Elle imagine alors un grand sac à la ligne simple et féminine, qu’elle souhaite confectionné dans des chutes d’un tissu épais, parfait pour traverser les décennies sans prendre une ride. Un premier prototype pour elle, puis un exemplaire pour une copine, une autre… la cadence s’accélère.  Amélie a conscience qu’elle tient peut-être le produit qui lui permettra d’assouvir sa passion pour le tissu, la chine, et sa soif d’entreprendre. Elle se prête alors à rêver : MARLI. Cinq lettres piochées dans son nom et son prénom pour former le nom d’un tissu en vogue au siècle des Lumières.

Amélie part alors à la recherche de jolies étoffes oubliées pour réaliser une ligne entière de cabas. Elle se tourne vers les tissus d’ameublement qu’elle affectionne tout particulièrement. Le hasard l’accompagne au chevet d’une usine en faillite : elle rachète toutes les chutes de tissus, réminiscences de son âge d’or désormais révolu. Des tissus « mémoires » qui retrouveront une seconde vie à l’épaule des Mary Poppins du nouveau millénaire.

Avec Marli, Amélie souhaite redonner du sens à sa vie mais aussi à la mode. Ses sacs, elle les souhaite éthiques. Sa marque sera engagée, socialement responsable et pleinement ancrée dans les réalités du monde d’aujourd’hui. La fabrication des cabas sera assurée par des personnes en situation de handicap à travers un établissement  de services et d’aide par le travail (ESAT) en région parisienne. Après avoir trouvé ses précieuses petites mains, il ne manque plus qu’une chose dans la bataille éthique de Marli: l’argent. Amélie lance une campagne de crowdfunding en mai 2016. 230 contributeurs, petits anges d’affaires lui donnent les ailes nécessaires à son envol. En l’espace de vingt jours, elle récolte près de 20 000€. Une somme pour amortir les coûts du début qui la conforte dans son idée de départ. Deux autres fées, Fany et Amandine vont également se pencher sur le berceau de Marli. Les fondatrices de My Little Paris ont un coup de foudre pour le concept d’Amélie et n’hésitent pas à la propulser dans une de leurs newsletters. Le succès est immédiat et immense. Amélie, alors enceinte de sept mois, remue ciel et terre pour honorer les commandes. Le début d’une très belle aventure…

La bienveillance d’Amélie est transcendante. Participer à la réinsertion de personnes en situation de handicap et au rayonnement du « made in France » est la raison de vivre de Marli. Amélie se considère d’ailleurs avant tout comme une entrepreneure sociale. Cet amour des gens, la créatrice le porte également à sa génération qu’elle trouve épanouie et soucieuse de donner plus que jamais du sens à ses projets.

Marli a tout pour couler des jours heureux. Sa fondatrice a des idées et projets plein son cabas, à commencer par la création de pochettes pour Noël et le rêve d’avoir son propre atelier de réinsertion fin 2018… On lui souhaite de tout cœur de parvenir à ses rêves !

“Tout ce qui augmente la liberté augmente la responsabilité.”

Hugo

Des mots qui semblent écrits pour résumer la raison d’exister de Marli.

*son mari n’est autre que Guillaume Lecointre, entrepreneur dans le secteur de la restauration.

Un immense merci à Amélie pour sa gentillesse et son enthousiasme et son incroyable bienveillance !



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